jeudi 6 février 2014

Concevoir une médiation face-public (4) : La "rigidité" des outils pédagogiques

CC by-nc-sa : Tudor BARKER
Beaucoup d'offres de médiation face-public font appel à des outils pédagogiques qui viennent en complément ou en support des échanges oraux lors des séances de médiation. Or si les médiations face-public permettent une adaptation et une souplesse à la fois face aux situations de terrain et face à leur propre évolution, ce n'est pas forcément le cas du matériel utilisé. Ainsi, il arrive souvent que les outils pédagogiques prévus conviennent mal à la réalité d'une exploitation sur le long terme.

dimanche 26 janvier 2014

Pour moi ... (mon petit dico de la CST) : la culture

Pour moi … La Culture représente trois choses distinctes. Ce peut être :
  • la culture d'un individu qui est l'ensemble des références qu'il partage avec d'autres personnes.
  • la culture « effective » d'un groupe existant de personnes et c'est alors l'ensemble des références que ces personnes partagent toutes entre elles.
  • la culture « théorique » d'un groupe prédéfini et c'est alors l'ensemble des références qu'il faut avoir pour se voir qualifier comme faisant partie du groupe.
Il ne s'agit pas de résumer des études académiques sur le concept de culture, au demeurant très intéressantes. Il s'agit plutôt de donner des définitions opérationnelles du terme qui permettent d’interpréter efficacement tel ou tel discours sur la culture (et pour l'avoir testé moi-même, je vous avoue qu'avoir ces différentes définitions de "culture" dans la tête facilite souvent les choses). Notons que malgré les différences notables de signification du terme, on prend rarement le temps de préciser ce que l'on entend par culture.
Un exemple applicatif de ces définitions : "Savoir que Balzac est un écrivain français" fait partie de la culture de beaucoup de Français (culture individuelle), cela ne fait pas partie de la culture des Français puisqu'on peut parier que tous les Français ne le savent pas (culture effective du groupe des français) et pourtant cela peut faire partie de la culture française (culture théorique du groupe des français) puisque pour nombre de personnes, c'est une référence que devrait avoir tout Français.
Ces définitions sont intéressantes quand on les applique à des concepts comme la diffusion de la CST, la co-construction des savoirs, les relations sciences-sociétés, l'émergence de cultures populaires, ou le regret d'une culture élitiste ...

Cet article participe de mon petit dico de la CST dont l'intro est sur le premier billet du dico)

jeudi 23 janvier 2014

Pour moi … (mon petit dico de la CST) : Vulgarisation

La culture scientifique et technique (CST) est un monde plutôt complexe. En perpétuel changement, elle peine à se définir de façon partagée. Pas forcément reconnue comme un domaine à part, elle reste souvent à la marge de champs qui la revendiquent et auxquels elle emprunte concepts, idées, réflexions.
En bref, les références partagées et stabilisées propres à ce domaine sont assez rares, ce qui amène certains mots à avoir de nombreuses définitions … ce qui autorise aussi chacun à « s 'amuser » à faire son propre dictionnaire !!! Voici donc une nouvelle série de petits billets intitulés "Pour moi ... (mon petit dico de la CST)" où je me propose de mettre quelques définitions toutes personnelles. Et on commence par la Vulgarisation.

Pour moi ... La vulgarisation est une activité technique consistant à « traduire » dans un langage courant et accessible au plus grand nombre, un texte ou un concept scientifique. Attention, c'est le langage qui st « courant et accessible » ! La variété de ce que recouvrent les expressions « au plus grand nombre » d'une part, et « scientifique » d'autre part, indique qu'il existe beaucoup de vulgarisation possibles sur un même sujet.
Point remarquable, en tant qu'activité technique, la vulgarisation ne se définit pas par un objectif ou un résultat mais par ses modes opératoires, ses façons de faire, ses trucs et astuces... Cela implique qu'il n'y a pas d'enjeux attachés à la réception qui est faite du produit de la vulgarisation. Ou plutôt, l'enjeu est que le discours soit intelligible, qu'un public y est effectivement accès ou mieux qu'ils en comprennent les concepts sous-jacents sont une autre histoire, qui ne concerne pas la vulgarisation.
Cette définition a le mérite de qualifier une activité qui a déjà ses codes, ses études, ses formations, ses classiques... et qui se retrouve souvent « noyée » dans des réflexions plus conceptuelles voire philosophiques sur les relations science-société, sur l'apprendre, sur la médiation inter-culturelle...

vendredi 6 septembre 2013

Concevoir une offre de médiation (3) : La recherche de contenus et d'idées

La recherche de contenus et d'idée : « syndrome de la cuite » et « élagage »


Parlant de CST, il est évident qu'il existe souvent dans les conceptions des séances de médiation, un moment de recueil d'information sur les sujets scientifiques envisagés*. C'est une partie souvent captivante mais qui n'est pas sans risque !

dimanche 18 août 2013

Concevoir une offre de médiation (2) : conception d'une séance et créativité

Malgré l'impossible standardisation d'une méthode de conception des médiations face-public en CST (évoquée dans le billet précédent), nous pouvons malgré tout avancer quelques idées qui aident quand on se lance dans la conception, ou l'organisation de la conception, de ce type d'offre.

Nous commencerons donc ici avec 2 réflexions portant sur la « conception de séance ». La première est de faire le pari qu'il est intéressant, utile, productif … de définir au sein des process menant à la mise en service d'une offre, une étape spécifique et bien caractérisée qu'on appellerait la « conception de séance ». La deuxième est de s'interroger sur le caractère « créatif » de cette étape et d'en explorer rapidement les limites.

jeudi 18 juillet 2013

Concevoir une offre de médiation (1) : principes généraux

Notre sélection du moment
Muséum de Toulouse. Christian Nitard
Depuis pas mal de temps que je conçois puis encadre la conception d'animation de CST, j'ai déjà pu constater le manque de méthodes partagées des professionnels sur ce sujet. En tout cas, il y a très peu de chose sur le net, et quand on débute ou qu'on cherche à améliorer ses pratiques ce n'est pas si simple de trouver des outils à comparer, critiquer, analyser.
Je me lance donc en mettant en ligne des réflexions (= une méthode ?), fruits de mes diverses expériences sur le sujet.

mercredi 26 juin 2013

Ne pas savoir, mais savoir ce qui est su : nouveaux rôles pour les acteurs de la CST ?

Dans un article de Libération, Sylvestre HUET, nous donne une vision très intéressante des relations entre la recherche et la société qui peut interroger de façon originale le rôle des acteurs de la CST.
En très, très bref, il propose qu'une expertise sur l'état des connaissances scientifiques, qui soit partagée par tous et dirigée par le politique, remplace la diffusion utopique de l'ensemble des connaissances scientifiques auprès de tous. 
Si l'on suit ce raisonnement, quels peuvent être les (nouveaux) rôles des acteurs de la CST ?